Qu'est-ce que je dois faire ?

Exprimez vous ici, nos échanges d'expérience peuvent parfois faire avancer les choses...

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liberté
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Qu'est-ce que je dois faire ?

Message par liberté » 13 août 2010 19:08

Depuis plusieurs mois, je viens sur votre forum et je feuillette les divers sujets. Aujourd'hui, je me suis finalement décidée à poster un message, à l'image d'une bouteille lancée à la mer.

Sur mon lieu professionnel, j'ai eu un véritable coup de cœur pour une collègue. Cependant, j'ai commis une terrible erreur en lui dévoilant mes sentiments ces jours-ci par l'intermédiaire d'un courrier. Je vous laisse imaginer l'ambiance qui règne au travail même si j'ai bien conscience qu'il faut du temps pour recevoir, digérer et accepter une telle annonce. Elle est complètement déstabilisée et vraiment mal à l'aise pour reprendre ses propres mots. Désormais, nous allons avoir hélas de sérieuses difficultés pour travailler ensemble, la preuve encore ce matin... Elle m'évite !

Elle n'éprouve pas de sentiments ni d'attirance particulière à mon égard ce dont j'ai conscience. Je voulais simplement prendre un temps avec elle autour d'une boisson pour dédramatiser la situation, savoir ce qu'elle ressentait et pouvoir quand même construire une relation amicale. Comment rétablir la communication entre nous ? En fait, je pense que j'aurai dû rester prostrée dans mon silence.

De mon côté, je suis aussi dans un mauvais état mais je m'efforce de ne pas le laisser trop transparaitre. Ce matin, j'étais prête à quitter définitivement mon emploi mais ma supérieure hiérarchique à refuser. De toute façon, elle a eu raison car je n'étais pas apte à conduire. Nous avons discuté et je lui ai tout raconté, elle a eu un discours cohérent, rassurant et très positif. Toutefois, je m'interroge beaucoup quant à mon avenir dans cet établissement. Est-ce que je dois partir ou rester ?

D'autres personnes sont au courant car j'ai été à un moment donné contrainte de me dévoiler car je subissais des discriminations (remarques, geste déplacé de certains collègues). Enfin, voilà un petit résumé qui j'espère est assez clair dans l'ensemble.

Merci à vous pour vos réponses, j'ai vraiment besoin de vous !

liberté
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Message par liberté » 13 août 2010 20:15

La ligne d'écoute est fermée jusqu'au 23 août, en cas d'urgence à quel organisme peut-on s'adresser SVP ?

Cyprès
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Message par Cyprès » 14 août 2010 13:35

Bonjour!
Moi je trouve ça super, toute la démarche que vous avez faite. A commencer par votre déclaration à votre collègue. Vous avez éprouvé des sentiments et vous les avez exprimés. Quoi de mieux que d'être cohérent avec soi-même?
Je comprends, la situation n'est pas simple à gérer maintenant. Mais la situation ne devait pas être simple non plus avant que vous ne vous déclariez. Je suis persuadé que si vous étiez encore seule avec vos sentiments, vous seriez tout aussi mal aujourd'hui, si ce n'est plus!
Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir parlé à votre supérieure hiérarchique également, puisque manifestement c'est une personne de confiance. En effet, c'est sans doute inquiétant pour vous que votre collègue ne soit pas à l'aise avec ce que vous avez exprimé, qu'elle ne parvienne pas, pour le moment en tout cas, à en parler avec vous. Si elle se mure dans le silence, on peut imaginer le pire: qu'elle se plaigne à la hiérarchie, justement. Remarquez, le pire n'est jamais obligatoire, mais en ayant pris les devants vis-à-vis de votre cheffe, qui n'est pas la dernière des idiotes apparemment, vous vous êtes protégée. Imaginons que votre collègue ne parvienne décidément pas à briser la glace avec vous, et que ça pose des problèmes dans le travail: la dite cheffe pourrait peut-être vous réunir, si besoin, afin que la page puisse être enfin tournée!
Concernant votre collègue, je me demande bien quelle est la meilleure attitude possible. Je suppose que vous avez besoin d'être rassurée sur l'avenir de votre relation, déjà que ce n'est pas évident d'accepter un échec amoureux. De ce point de vue, ce serait bien, sûrement, que vous puissiez en discuter toutes les deux au plus vite. D'un autre côté, peut-être se sentirait-elle brusquée si vous preniez une nouvelle initiative? Peut-être est-ce quelqu'un qui n'aime pas "parler sentiments" en général? En passant: c'est déjà très bien (dans un sens!) qu'elle ait pu vous dire qu'elle se sentait mal à l'aise.
Il y a votre besoin et son besoin... Pour ma part, je suis 100% d'accord avec votre idée d'en parler avec elle, c'est un peu ma nature de penser qu'il vaut beaucoup mieux dire les choses, s'expliquer... Mais sans doute y a-t-il beaucoup de gens qui pensent exactement le contraire! C'est à bien méditer, à faire mûrir, mais combien de temps?
Cela fait beaucoup de questions, tout ça, pas évident... La priorité, c'est quand même de penser à vous, je trouve, de bien prendre soin de vous... Laissez à votre collègue sa part de responsabilité d'adulte dans cette histoire, car elle en a une! J'estime que sa position est moins difficile que la vôtre, elle doit être capable de tourner la page, d'une manière ou d'une autre, sans faire peser les choses sur vous, c'est trop facile!
De toutes les façons, je trouve que rien ne justifie que vous deviez quitter votre travail. En vous lisant, je sens quelqu'un de très honnête et je pars du principe que votre collègue l'est aussi, donc les choses doivent pouvoir se régler simplement, soyons optimistes!
Meilleures pensées et au plaisir de vous lire, si vous souhaitez réagir! :)

liberté
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Message par liberté » 14 août 2010 22:21

Déjà, je souhaite sincèrement vous remercier pour votre message Cyprès.

Je suis à la fois soulagée de lui avoir révéler mes sentiments et profondément triste. Au final, la sincérité n'apporte guère rien de bien constructif et j'en suis très affectée. Elle ne souhaite pas entretenir une relation amicale qui serait basée sur une ambiguïté ou des sentiments non partagés. De plus, elle pense que d'en discuter autour d'un café cela ne ferait pas avancer les choses. Seulement, elle se trompe complètement puisque tant que nous n'aurons pas pris le temps nécessaire d'évoquer le sujet, nous rentrons dans un malaise qui ne fera que s'accentuer.

Elle m'a également précisé que j'avais beaucoup de courage et que je ne devais pas regretter de m'être confiée à elle. Nous avons été très honnêtes l'une envers l'autre dans nos e-mails respectifs. Cependant, il est peu probable que nous ayons une réelle chance d'aborder le sujet car elle refuse pour le moment de communiquer avec moi et ne se déplace pas sur l'unité en ma présence. Notre travail est donc paralysé par son attitude d'évitement ce dont je peux comprendre puisque je l'ai déstabilisé par ma déclaration. Le problème majeur maintenant est le suivant : Comment allons nous faire pour de nouveau collaborer ensemble ? Pour l'instant en tous les cas, c'est extrêmement délicat.

Alors, oui j'envisage de mettre les voiles si la situation se dégrade et si l' ouverture sur un dialogue ne s'entame pas rapidement. Je ne pourrai pas travailler dans des conditions pareilles, c'est légitime et humain ! J'ose encore croire que tout peut se régler simplement comme vous le dîtes si bien mais n'est-ce pas une utopie au fond ?

Cette situation est vraiment difficile à vivre, je suis vraiment perdue. Pourquoi est-elle aussi mal à l'aise puisqu'elle n'éprouve pas de désirs ou de sentiments à mon égard ? Est-elle homophobe ? Combien de temps faudra t-il pour qu'une conversation entre nous s'engage afin d'éclaircir tout cela ? De plus, elle quitte la Région avant la fin de l'année donc la situation doit se débloquer assez vite. Je ne supporterai pas qu'elle parte et que nous restions dans cette impasse.

Cyprès
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Message par Cyprès » 15 août 2010 02:08

Hello!
La situation est un peu différente que ce que je pensais, puisqu'il y a déjà eu un échange explicatif entre vous par mail, en toute honnêteté, comme vous le dites. Votre collègue vous a dit qu'elle ne souhaitait pas prendre un café pour en discuter ni engager une amitié.
C'est intéressant, pour moi, parce que votre situation est très semblable à la mienne (voir mon Post). Je crois que vous et moi sommes dans une situation de souffrance que nous avons évidemment du mal à accepter et à vivre. Il y a un deuil qui commence tout juste et la déception est très très grande! Non seulement l'autre personne ne veut pas de nous sur le plan amoureux, mais en plus elle refuse la construction d'une amitié! Je ne sais pas vous, mais moi j'éprouve un sentiment d'injustice. On a eu le courage d'exprimer ce qu'on ressentait, et la récompense de ce courage est un rejet complet. Il y a sacrément de quoi se mettre en colère ou/et déprimer! Mon sentiment est que vous comme moi devons accepter de prendre ce chemin du deuil avec son lot de colère, de tristesse et de solitude. Très facile à dire... L'autre personne, en tout cas, ne peut pas nous aider puisqu'elle est impliquée jusqu'au cou, précisément dans le rôle de celle qui refuse, poliment mais clairement!
"Amusant" de voir que, dans votre cas comme dans le mien, il est difficile d'échapper à la personne en question. Mon cas est un peu moins compliqué puisqu'il s'agit d'une voisine. Cependant, je vous garantis que les entrées ou sorties d'immeuble ne se font pas sans émotion. Et dans les deux cas, faire son deuil quand on sait que la personne est tout près, ce n'est pas évident.
Je vais vous parler franchement. Je ne crois pas que vous puissiez changer quoi que ce soit à la distance que votre collègue a décidé de mettre. C'est un risque que vous avez pris, identique à celui que j'ai pris. Je dois dire que quand je l'ai pris, je n'avais pas du tout conscience de cela, donc ça fait très très mal... Ce qui est particulièrement douloureux, c'est que la réalité contredit brutalement et du tout au tout le désir: on veut s'approcher de quelqu'un, on a le courage de le dire et, vlan, on obtient le mouvement exactement inverse. Quelle baffe!
Alors pourquoi l'autre personne nous met-elle à distance? Par trouille! Trouille qu'on insiste, trouille qu'on ne parvienne pas à changer de registre dans l'intérêt porté. Cela me tue de le dire, mais c'est tout à fait compréhensible! De même qu'est compréhensible notre sentiment à nous que cette trouille est tout à fait injustifiée: on a largement prouvé qu'on était quelqu'un de bien, n'est-ce pas, puisqu'on a eu le courage d'exprimer nos sentiments! Cette distance produit en nous une terrible souffrance, mais je crois qu'il n'y a rien à faire d'autre que de la vivre et de prendre soin de nous le mieux possible par nous-mêmes et, si possible, avec l'aide d'amis, d'internautes, j'en passe...
Je déteste quand on me dit ce que je dois penser, donc vous m'en voudrez peut-être d'en rajouter encore un peu dans ce sens, mais je trouverais important que vous ne preniez pas hâtivement la décision de quitter votre travail. Comme votre collègue est tout à fait honnête, je crois qu'elle ne vous causera pas de problème, sauf celui d'avoir à supporter ses évitements. Peut-être qu'à force de les supporter sagement, la confiance croîtra en elle suffisamment et qu'une occasion se présentera, dans quelques semaines ou mois, de parler à nouveau de ce qui s'est passé (attention, je suis peut-être utopiste, là). Cependant, je pars ici du principe qu'une collaboration étroite entre vous n'est pas nécessaire, qu'il vous est possible de vous éviter sans que cela nuise au travail. Si ce n'est pas le cas, il faudrait peut-être aborder les choses différemment: une mise au point de vive voix serait peut-être nécessaire, comme vous le dites. Qu'en est-il exactement?
D'un mot, pour terminer: autant que la situation s'y prête, laisser du temps au temps, même si c'est douloureux...
Je vous souhaite, je nous souhaite plein de courage! :)
(Pour info, je n'accéderai probablement pas à internet toute la semaine qui vient.)

liberté
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Message par liberté » 15 août 2010 22:51

"Le cœur a ses raisons que la raison ignore", c'est vrai que votre histoire est la mienne sont assez similaires. Finalement, hétéro, bi ou homo, on traverse les mêmes souffrances puisque nous sommes tous des êtres humains en quête parfois de l'amour impossible. C'est vrai qu'il existe un profond sentiment d'injustice dans la mesure ou vous et moi avons fait preuve de sincérité face à ces deux personnes et nous n'attendons rien de particulier sauf d'établir un lien amical. Je comprends que la situation puisse être déstabilisante et crée un malaise, peut-être leur distance est nécessaire pour faire le point chacun de son côté. Le temps guérit bien des maux alors peut-être qu'avec un peu de patience la communication se rétablira... je l'espère au plus profond de mon être.

Vous avez raison, nous avons un deuil à accomplir mais lorsque la personne est proche la difficulté ne fait que s'amplifier puisque l'incompréhension est toujours d'actualité dès que nous nous croisons. Le simple fait de la savoir dans le même lieu devient un facteur anxiogène puisque nous y pensons en permanence et nous restons avec nos questions, nos doutes. Seulement dans une relation, il y a toujours une personne à chaque bout et chacun doit pouvoir exister avec ses choix et ses décisions, ainsi est la vie !
D'autre part, je culpabilise de la voir aussi mal car je lis sur son visage sa fragilité dont je suis à l'origine. C'est dur aussi pour nous de voir que l'on a perturbé la personne à qui l'on tient car notre intention au départ était bienveillante. Je me permets de dire nous car vous devez vous retrouver dans mes mots.

C'est bien pour vous et moi d'écrire car nous déchargeons un peu toutes ses émotions toxiques et nous réfléchissons ensemble plutôt que de rester avec ce poids sur le cœur.

Par ailleurs, je suis à fleur de peau mais je ne vais pas quitter mon travail pour l'instant, je vais me donner le temps nécessaire pour voir si la situation s'améliore. Il ne serait pas judicieux de ma part de prendre une telle décision maintenant car je n'ai pas le recul suffisant pour évaluer les conséquences d'une démission dans l'urgence qui m'entraînerait dans une spirale néfaste. Mon esprit reprend un peu le dessus sur mes émotions, c'est plutôt bon signe.

Je tenais à vous répondre avant votre départ et vous remercier de votre écoute et de ses divers échanges.
Bonne semaine et Soyez fort !

bikounet38

Message par bikounet38 » 16 août 2010 17:56

Bonsoir et bienvenue sur le forum des associations Contact.

Dans quelle région êtes-vous située ?
Je pourrais ainsi vous donner les coordonnées de l'association Contact la plus proche, qui pourrait vous soutenir...

Obtenir des conseils, n'est pas le but de l'association Contact.
Pourquoi, parce que chaque vécu est différent, et qu'il est hasardeux de donner des conseils à quelqu'un, sans le connaitre personnelement, ni connaitre tous les détails.
De plus, comme chaque être humain est unique, chacun réagit à sa façon et à son rythme face à une situation donnée.
Notre but, est avant tout de partager nos expériences, pour ainsi trouve sa propre voie.

Face à votre situation, je pense que on a le droit de tomber en amour, et en amitié, avec n'importe qui : on a le droit aussi de l'exprimer.
Après, l'autre partage ou pas, mais çà le regarde ; et çà ne doit pas remettre en question votre propre attirance. Elle n'est pas partagée, c'est tout.
On a le droit de tout dire quand on parle de soi...

Si un mode de communication ne vous convient pas, vous avez le droit d'exprimer vos ressentis de vive voix : je pense que vous pourrez aller lui parler de vive voix, quand vous serez remise, pour éviter toute incompréhension.

liberté
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Message par liberté » 17 août 2010 11:41

bikounet38 a écrit : Face à votre situation, je pense que on a le droit de tomber en amour, et en amitié, avec n'importe qui : on a le droit aussi de l'exprimer.
Après, l'autre partage ou pas, mais çà le regarde ; et çà ne doit pas remettre en question votre propre attirance. Elle n'est pas partagée, c'est tout.
On a le droit de tout dire quand on parle de soi...

Si un mode de communication ne vous convient pas, vous avez le droit d'exprimer vos ressentis de vive voix : je pense que vous pourrez aller lui parler de vive voix, quand vous serez remise, pour éviter toute incompréhension.
Vous n'imaginez pas à quel point j'avais besoin d'entendre ces mots là... Il y a des mots qui apaisent, alors merci !
J'habite dans la Région Centre. J'ai déjà essayé de contacter l'Association contact de Paris par l'intermédiaire du numéro inscrit sur votre site. Hélas, j'ai été dirigé sur la messagerie vocale car à cette période là, j'imagine que les bénévoles sont en vacances. Ce n'est pas grave, je tâcherai de renouveler mon appel ultérieurement.

bikounet38

Message par bikounet38 » 17 août 2010 19:26

Vous pouvez aussi appeler d'autres antennes de Contact dans la France entière : http://www.asso-contact.org/ligne-ecoute.html

Au mois d'aout, Grenoble ferme ses permanences, mais je pense que la Savoie ou Haute-Garonne sont ouverts.

Il n'y a pas d'antenne dans la région Centre, mais il en existe en Corrèze, et dans la Loire.

Je pense qu'on pense souvent qu'exprimer une attirance est une erreur, si elle n'est pas partagée ; mais c'est un a-priori ! En effet, verbaliser cette attirance permet de passer à autre chose si elle n'est pas partagée.
On passe alors son temps à imaginer ce que çà aurait pu être...

Il vous a fallu un sacré courage, alors soyez en fier, et ne culpabilisez pas !
Vous n'êtes pas responsable de la gêne de votre collègue.

Recevoir une telle déclaration pourrait être flatteur : elle plait à quelqu'un. Après, si elle ne partage pas, et bien tant pis : qu'elle en soit troublée, jusqu'à ne pas supporter de se retrouver en face de vous, je trouve çà étrange...

Mais, chercher à comprendre ce qu'elle ne veut pas dire, ne vous apportera rien de plus.
Vous avez été vraie avec vous même, et çà, c'est la plus grande des forces !

liberté
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Message par liberté » 31 août 2010 15:21

bikounet38 a écrit : Vous pouvez aussi appeler d'autres antennes de Contact dans la France entière : http://www.asso-contact.org/ligne-ecoute.html
Vendredi, j'ai essayé de rappeler la ligne d'écoute sur Paris mais ce n'était pas le bon créneau. Je préfère téléphoner là-bas car si je dois me déplacer pour les rencontrer c'est l'endroit le plus proche de mon domicile.

bikounet38 a écrit : Je pense qu'on pense souvent qu'exprimer une attirance est une erreur, si elle n'est pas partagée ; mais c'est un a-priori ! En effet, verbaliser cette attirance permet de passer à autre chose si elle n'est pas partagée.
Oui, je suis entièrement d'accord avec vous et je suis contente d'entendre un discours qui est proche du mien.

bikounet38 a écrit :Il vous a fallu un sacré courage, alors soyez en fier, et ne culpabilisez pas !


C'est peu de le dire qu'il m'a fallu un courage considérable pour lui faire part de mon attirance mais son comportement laisse au fond de moi un goût amer de m'être livrée. Je ne m'attendais pas à une réaction aussi négative, je n'avais pas évalué les conséquences de mes propos.
bikounet38 a écrit : Vous n'êtes pas responsable de la gêne de votre collègue.

Un peu quand même... Depuis mon dernier message, elle a accepté de discuter avec moi et nous étions soulagées autant l'une que l'autre. La situation ne créera pas à priori un malaise particulier dans notre entente professionnelle. Cependant, elle ne comprend pas pourquoi je lui ai révélé ce que j'éprouvais à son égard alors que je savais très bien qu'elle n'était pas libre. Elle est en couple et semble très heureuse de sa vie actuelle. Je lui ai exposé le fait que je n'attendais rien de sa part sauf que nous maintenions un lien amical. Elle veut voir comment les choses vont évoluées avant de se prononcer. Ma requête relève certainement de l'utopie, qu'en pensez-vous ? Elle quitte bientôt la Région et mes chances de garder un contact avec elle sont désormais quasiment nulles, n'est-ce pas ?

bikounet38 a écrit : Recevoir une telle déclaration pourrait être flatteur : elle plait à quelqu'un. Après, si elle ne partage pas, et bien tant pis : qu'elle en soit troublée, jusqu'à ne pas supporter de se retrouver en face de vous, je trouve çà étrange...
Elle n'a pas l'air flatté du tout, elle est vraiment très mal à l'aise, elle met une distance incroyable entre nous et je pense surtout que je lui fait peur. Pourtant, je suis restée fidèle à moi-même : mon regard, ma personnalité et mon comportement sont identiques.
bikounet38 a écrit : Mais, chercher à comprendre ce qu'elle ne veut pas dire, ne vous apportera rien de plus.
Non, je ne cherche plus à lire entre les lignes car il y a trop de choses qui m'échappent. Mon seul désir est de préserver notre amitié qui j'espère n'appartient pas au passé.

domi1315
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Message par domi1315 » 31 août 2010 16:32

Je pense qu'il est très difficile de revenir à une situation antérieure à partir du moment où la révélation d'une attirance ou de sentiments est faite.

C'est un peu un coup de dés, vous avez tenté votre chance et vous avez bien fait mais rien ne saurait désormais être comme avant .
La relation est comme "parasitée" .

Même vous concernant, je pense qu'il serait souhaitable que vous profitiez du changement de région de votre collègue pour rompre les liens.
Car une telle relation me paraît difficile à transformer en amitié sans aucune arrière-pensée . Je me demande si ce lien ne risquerait pas d'être pour vous plus une entrave à votre liberté future qu'autre chose.

Steph
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Message par Steph » 01 sept. 2010 11:05

Bonjour ;)

Contrairement aux autres personnes qui ont témoigné, j'ai envie pour commencer de me mettre à la place de votre collègue :oops: .

Si elle avait de la sympathie pour vous avant votre révélation, si vous entreteniez des relations amicales, elle a pu se dire que ce qu'elle ne prenait pour de "l'amitié" n'en était pas, que vous êtiez animée par des sentiments plus forts, peut-être moins "controlables" et donc qu'elle s'est trompée à votre sujet, qu'elle a manqué de discernement, etc.

Par ailleurs et ce qui me parait le plus important, je pense qu'elle a pu avoir la réaction de certains parents qui découvrent l'homosexualité de leur enfant : "pourquoi ça m'arrive à moi ?", "qu'est ce que j'ai fait qu'il ne fallait pas ?".
Votre révélation la remet forcément en question. Elle peut se dire : "si ma collègue m'avoue ses sentiments, c'est parce qu'elle pense qu'ils sont partagés, que je suis disposée à être infidèle, etc.
Tout ceci reste tout de même assez "violent" pour elle.
Dans le cadre d'une révélation comme celle-ci, il peut se faire aussi qu'on vienne, sans le vouloir, "jeter le trouble dans la vie d'une personne", l'amener à se poser des questions qu'elle ne voulait pas se poser.
Et là, c'est sans doute encore plus "violent".

Après ces arguments "peu réconfortants", j'en conviens ;), si je me place de mon point de vue cette fois-ci, j'ai envie de dire une seule chose : violent ou pas, cela fait partie de la réalité de la vie et ce n'est pas grave !

Si tous les hommes qui ont fait part de leur sentiments à une collègue de travail (et inversement) devaient démissionner, il y aurait beaucoup de démissions en France et dans le monde ;).

En clair, je pense que vous avez bien fait d'avouer vos sentiments, au sens où vous vous êtes montrée "spontanée" et "honnête".

Si vous ne l'aviez pas fait, en cas de sentiments partagés, vous seriez peut-être passée à côté de quelqu'un et, dans la perspective d'une relation amicale, il était logique aussi de lui faire cette révélation.

Au delà de la réaction de votre collègue et de son "refus de discuter davantage", c'est toujours douloureux d'avoir des sentiments pour quelqu'un qui n'en a pas en retour ?
Vouloir conserver une relation amicale, n'est-ce pas parfois aussi une façon de ne pas perdre la personne complètement ?.


Je serais donc assez d'accord avec "domi1315", même si je pourrais avoir tout à fait le même réflexe que vous ;) (et que Cyprès ;) ).
Je pense d'ailleurs qu'une relation amicale peut tout à fait résister à ce genre de révélation, sous réserve qu'il s'agisse d'une véritable relation amicale.

Pour savoir s'il s'agit d'une vraie relation amicale, il faut faire ce que vous avez fait et si ça ne marche pas, peut-être qu'il vaut mieux tourner la page ? D'autant qu'on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait ? ;)

Andrée
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AMITIE PARTICULIERE

Message par Andrée » 03 sept. 2010 21:07

Je réponds à votre témoignage, car j'ai moi même vécu cela il y a de nombreuses années (j'avais 18 ans !!) et encore plus récemment.
J'étais dans la situation de la personne à laquelle vous faîtes référence.Pour ma part, l'amitié féminine est une complicité, une sorte d'osmose, bref on se reconnait dans l'autre, dans votre double, votre soeur....
Et puis d'un coup on ne se reconnaît plus dans l'autre. Il y a une ambiguité, un malentendu, des soupçons, des sentiments troubles...
Alors on est perdue, et en fait on a très peur ... peur de ce que l'on ne connait pas (je suis aussi maman d'homo)
Je pense pour ma part qu'il est très difficile ensuite voire impossible de rester sur le registre de l'amitié sans arrière pensé.
En ce qui me concerne je n'ai pas pu, et j'ai rompu cette amitié, car j'ai pensé que nous n'étions plus sur la même longueur d'ondes.
En tant que maman d'homo je peux aussi comprendre votre réaction.
Avec le recul c'est pareil avec les hétéros... Je t'aime, tu ne m'aimes pas, on ne se voit plus.
Voilà quelques idées qui me viennent en lisant votre message.
Amitiés.
PS En tout cas restez en contact avec l'assoc, elle est d'un secours infini.
:D

Cyprès
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Message par Cyprès » 03 sept. 2010 22:36

Pas de certitude, mais j'aimerais exprimer rapidement le point de vue opposé à celui qui domine, apparemment.
Pour moi, l'amitié est le lieu de la parole échangée en toute confiance. Cela se construit peu à peu et sans succès garanti, mais c'est l'idéal vers lequel on tend, vers lequel je tends en tout cas dans ce type de relation.
Cela signifie, pour reprendre le mot d'Andrée, que des "arrière-pensées" ne rendent pas une amitié impossible, à mon avis, si on n'est pas dominé par elles et si on peut en parler. Il existe une alternative à la rupture. Cela passe peut-être par un éloignement provisoire, mais surtout par l'échange et la réflexion commune. Comme dans toute épreuve, des "arrière-pensées" non partagées, une fois exprimées et assumées, peuvent renforcer un lien, au contraire, si le respect et l'intérêt sont présents.
J'aimerais dire aussi qu'on n'échappe pas aux arrière-pensées, quelles qu'elles soient. Les sentiments ne sont pas des monolithes. Nombreuses sont les personnes que je croise dans ma vie que j'apprécie à des moments plus qu'à d'autres, pour lesquelles je peux éprouver même un sentiment amoureux parfois, ou amical, sans que la relation doive se fixer, se figer ou disparaître.
Ne sous-estimons pas trop la nature humaine. On a un cerveau, que diable! Ce n'est pas facile, mais il est possible de faire des deuils, de passer des caps dans le respect de l'autre et de son rythme sans avoir nécessairement à casser la relation, au contraire.
Cordialement à tou-te-s!

liberté
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Message par liberté » 12 nov. 2010 00:15

Déjà, je voudrai remercier toutes les personnes bikounet38, Domi, Andrée, Steph et Cyprès pour toutes vos interventions.
Steph a écrit :Au delà de la réaction de votre collègue et de son "refus de discuter davantage", c'est toujours douloureux d'avoir des sentiments pour quelqu'un qui n'en a pas en retour ?
Vouloir conserver une relation amicale, n'est-ce pas parfois aussi une façon de ne pas perdre la personne complètement ?.
Certes, c'est toujours douloureux et difficile d'éprouver des sentiments pour une personne qui n'en a aucun en retour... Cependant, à l'heure actuelle, je pense avoir presque réalisée le deuil de cette histoire impossible. Le fait de maintenir un lien amical m'aurait permis de tourner définitivement la page puisque dans ma vie, je fais une réelle distinction entre une relation amoureuse et amicale.
Steph a écrit :Je pense d'ailleurs qu'une relation amicale peut tout à fait résister à ce genre de révélation, sous réserve qu'il s'agisse d'une véritable relation amicale.[/b]
Au fond, je me suis trompée sur toute la ligne, puisque finalement depuis peu, elle s'est prononcée et nos relations resteront strictement professionnelles. Désormais, les choses sont très claires... C'est très difficile à vivre mais c'est mieux.


Merci à la personne de Contact pour le numéro de téléphone de Psygays, je n'ai pas encore téléphoné et je ne sais pas quand je le ferai... En fait, je suis un peu perdue et j'ai besoin de temps pour digérer tous les évènements.

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