- Mon coming-out et mes parents

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Laetitia
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- Mon coming-out et mes parents

Message par Laetitia » 07 mai 2009 16:20

Bonjour à tous,

Je vous écris aujourd'hui car je suis dans une situation très difficile et j'aimerais discuter avec des parents d'homosexuels ou des homos. Je m'appelle Laetitia, j'ai 26 ans et je suis lesbienne. Je suis avec ma copine depuis un an et demi. J'ai fait mon coming-out à mes parents la semaine dernière par lettre et depuis... c'est un véritable cauchemar.

Pour vous expliquer la situation, mes parents sont des gens très aisés, notables de province, ayant de hautes ambitions pour leurs enfants... et pas très ouverts sur certains sujets (surtout ma mère). Ma mère est une personne dure et froide, qui n'a jamais communiqué autrement qu'en agressant les gens (que ce soit moi ou les autres). Elle a ses idées toutes faites sur plein de sujets, et a tjs vécu dans le confort, sans connaître de réelles difficultés.

Suite à ma lettre, mon père m'a appelée en me disant qu'ils étaient choqués, et qu'il allait leur falloir bcp de temps, mais qu'ils étaient contents que j'ai trouvé mon équilibre et que c'était mon bonheur qui comptait avant tout.

Une semaine plus tard, ma mère me "convoque" pour avoir une discussion, et me dire des choses auxquelles mon père et elle ont réfléchi. Je précise que nous avons tjs eu des rapports assez conflictuels. Ah oui, et que sa famille est corse... et mes grands-parents tjs en vie. Ma copine vient du même village de Corse que moi et mes parents ne l'aiment pas car ils se doutent depuis lgts qu'elle est homo et ont tjs cherché à nous éloigner.

Bref, j'arrive à cet entretien et elle me tient le discours suivant : j'ai brisé la famille et le rêve de noyau familial de mon père (qui, issu de parents divorcé, avait tjs rêvé d'avoir une super famille avec plein de petits-enfants). Son mari souffre, elle ne le supporte pas. Elle ne veut pas parler de moi, mais de leur souffrance à eux. Selon elle, j'ai tjs été égoiste : eux se sont occupés de moi pendant 26 ans, et c'est désormais à moi de m'occuper d'eux et de prendre en compte leur souffrance immense ("anéantissement", comme ils disent) : ils pensent que leur souffrance me laisse indifférente et que je suis insensible car aveuglée par mon bonheur.

Ils n'accepteront jamais mon homosexualité, me dit-elle. C'est désormais à moi, après avoir crée ce tsunami familial, de revenir vers eux et de combler le "vide" que mon annonce a créé. Elle a édicté des règles de vie familiales :

1- ils m'obligent à faire mon coming-out à mon gd-père paternel cardique en personne d'ici juin (car mon père n'arrive plus à lui parler et à lui mentir depuis mon annonce)

2- elle m'interdit d'avoir des enfants tant que ses parents à elle (les corses, donc) sont vivants, car ils ne le supporteront pas.

3- elle veut que je vienne comme d'habitude passer des week-ends chez eux, mais elle m'interdit de parler de ma vie "extérieure". Je ne dois mentionner que mon travail.

4- elle m'interdit de venir en Corse avec ma copine et, si on y est par hasard au même moment, elle m'interdit de lui parler.

Elle dit que c'est désormais à moi de reconstruire ma relation avec mon père et de "trouver le chemin de son coeur" en lui montrant que je souffre et en arrêtant d'être sûre de moi et de mon homosexualité. Elle dit que je me suis certes débarassée de mon fardeau en leur disant mais que eux sont obligés de mentir à tte la famille depuis. Bref, elle me tient responsable de tout ça...

J'ai parlé de CONTACT : elle ne veut pas en entendre parler. Elle refuse également de se documenter sur l'homosexualité. Elle dit qu'elle ne conçoit pas mon bonheur comme ça, et qu'elle le refuse. Et que le malheur que mon bonheur engendre pour les autres devrait me faire réfléchir. Elle a glissé quelque chose comme "j'aurais préféré que tu sois morte", à mots couverts. Bref, selon elle, c'est désormais à moi de gérer leur souffrance mais eux n'ont plus à faire d'efforts et ne veulent pas entendre parler de ma vie.

De plus, ils dénigrent ma copine car elle est serveuse et eux ont des ambitions bcp plus importantes pour les conjoints de leurs enfants.

Je ne sais pas comment sortir de cette impasse dans laquelle elle me met (notamment la gestion du côté grands-parents), et de toutes ces règles qui feront qu'au final, nous n'aurons plus que des relations superficielles et factices.

Merci de m'avoir lue jusqu'au bout...

Bulle
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Message par Bulle » 07 mai 2009 19:13

Bonjour Laetitia

C'est toujours difficile de gérer ce genre de situation. Mais il est fort probable, au regard des différentes expériences, que ses mots aient dépassé sa pensée.
Mes parents ont également eu du mal à se faire à l'idée. Ma mére en particulier ne s'est pas génée pour me le dire à mainte reprise.
Pour autant aujourd'hui (cinq ans aprés mon coming out environ), même si des conflits existent encore, la situation s'est nettement améliorée et mes parents ont même rencontré ceux de ma copine en venant chez nous! Le repas s'est trés bien passé. Avec ma mére je sais que des personnalités comme Laurent Ruquier ont largement contribué à adoucir le comportement de ma mére qui l'adore.
Cela dit on ne peut pas faire avancer plus vite les parents qu'ils ne le peuvent eux même. On n'est pas non plus responsable de leurs étroitesse d'esprit. Et tu n'as rien fait de mal (mais ça je pense que tu le sais).
Je ne sais que te dire concernant le coming out que tu dois faire à tes grands parents. En réunion ouverte à Contact, j'ai eu l'occasion d'entendre des histoires de coming out qui étaient mieux accueuillis par les grands parents que les parents eux même, en depit de toute attente. Le mieux que je puisse te dire est de le faire quand tu t'en sentiras capable pour tes grands parents (peut être que tu pourrais commencer par prendre ta grand mére à part pour commencer?) et de laisser du temps à tes parents pour "digérer" tout ça. Le temps fera son oeuvre.
Tiens nous au courant :)
Le plus grand des chênes a un jour été un gland.

bikounet38

Message par bikounet38 » 07 mai 2009 20:27

Bonsoir Laetitia, je vous souhaite la bienvenue sur les forum des associations Contact.

Si vous m'indiquez votre département, je peux vous communiquer les coordonnées de l'association Contact la plus proche ; vous pouvez aussi appeler n'importe laquelle des associations Contact de France au téléphone : http://www.asso-contact.org/ligne-ecoute.html

En ce qui concerne tout ce que votre mère vous a dit, je voudrais vous demander ce que çà vous a fait ; comment avez-vous réagi depuis ?

Laetitia
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Message par Laetitia » 07 mai 2009 21:57

Bonsoir,

Merci pour vos réponses. Pour vous répondre à mon tour, tout d'abord, je ne pense pas que ses mots aient dépassé sa pensée. C'est un discours qu'ils ont passé une semaine à mûrir, avec mon père. Tout était donc très réfléchi. Ma mère est véritablement qqn (je sais, c'est difficile à croire mais tous les gens qui la rencontrent n'en reviennent pas) de complètement irrationnel à certains égards : elle toujours vécu une vie facile avec son mari notaire et elle a tjs été la femme du notable respecté. Elle n'a jamais travaillé (ou alors au sein de l'étude de mon père) et elle n'a donc aucun sens du compromis et de la manière dont on s'adresse aux gens dans le milieu professionnel, par exemple. Son statut social la met à l'abri de la préoccupation de la plupart des gens. Bref, tt ça pour dire qu'elle est complètement coupée de la réalité et du quotidien de la plupart des gens. Elle pense tout ce qu'elle dit, sans aucun doute. Elle ne veut pas me perdre, mais me veut tronquée et ne désire désormais prendre de moi que ce qui l'intéresse.

Quant à savoir comment j'ai réagi, et bien sur le moment, j'ai acquiescé et pleuré un peu (elle m'a dit des choses très dures). Ses propos m'ont fait très mal. Et au bout d'un moment, j'étais tellement attérée par tant d'incompréhension et de violence, que je l'ai laissée parler. Je suis rentrée chez moi, adulte et grandie, me disant que j'assumais pleinement ma vie de toute manière et que j'étais très épanouie. Je leur laisse du temps car c'est très frais pour eux. Si cela ne s'améliore pas d'ici quelques années... je ne les verrai plus. Je compte construire ma vie avec la personne avec qui je sors, et notamment avoir des enfants. Et cela doit se faire dans la sérénité. En tout cas, les propos de ma mère ne me font pas culpabiliser une seconde de ce que je suis...

Et enfin, j'habite à Bordeaux, en Gironde. J'ai déjà récupéré les coordonnées de Contact33 : j'irai sûrement si les choses empirent. Merci encore en tout cas pour vos réponses, et bonne soirée !

julien1904
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Message par julien1904 » 08 mai 2009 18:02

bonjour Laetitia,

je comprend completement votre malaise vis à vis de votre mère. j'ai aussi véccu un coming out difficile, mais avec le temps mes parents ont évolués à vitesse grand V !
toutefois, dans ce que vous dites, je ne vois que l'avis de votre mère que vous généralisé à votre père, mais avez vous eu le temps et la possibilité de discuter avec lui directement ?
peut-être n'a t'il pas la même vision de la chose. Trés souvent les deux parents ne réagissent pas de la même façon. c'est même quasiment à chaque fois.

Sachez que je suis bénévole de contact à Bordeaux, nous pouvons si vous le souhaitez vous recevoir en entretien individuel quand vous pouvez et où vous souhaitez. Sinon les écoutes sont le mardi apres-midi (14/16H) et jeudi (19H30/21H30). Les réunions ouvertes (groupes de paroles) sont le dernier mercredi du mois à l'athénée municipale à Bordeaux à côté de St Christoly (monoprix). la prochaine c'est le 27 Mai à 20H.

N'hésitez à vous exprimer ici, ou à me contacter en MP si vous souhaitez.

Cordialement,
Julien
Julien, Animateur socioculturel et en sciences de l'éducation

Laetitia
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Message par Laetitia » 08 mai 2009 22:07

Bonsoir,

Julien, pour vous répondre, je ne généralise pas ses propos à mon père. C'est un discours qu'ils ont préparé ensemble, m'ont-ils dit. Mon père n'était simplement pas disponible pour me parler à ce moment-là. Je l'ai eu directement au téléphone 2 fois avant cet entretien, et il m'a dit que ma mère et lui étaient heureux que j'ai trouvé mon équilibre et que c'était mon bonheur qui comptait avant tout, même s'ils allaient mettre du temps avant de s'y faire.

Les propos de ma mère s'inscrivent en complète antinomie par rapport à la réaction de mon père. Je pense qu'elle détourne ses propos, volontairement ou pas, pour me faire culpabiliser. Entre sa réaction à lui et ce qu'elle m'en rapporte, je ne perçois pas la même chose. Elle me dit qu'il s'est fait violence pour me dire ça au sujet de mon bonheur car il n'en pense pas un mot, selon elle. C'est un homme brisé, ajoute t-elle.

Sinon, Julien, un RDV individuel m'intéresserait en effet... Serait-il possible d'en fixer un, éventuellement ? (je suis aussi depuis plusieurs mois en contact avec l'asso Wake up, où j'ai rencontré des gens très sympas)

Bonne soirée !

julien1904
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Message par julien1904 » 09 mai 2009 10:11

bonjour Laetitia,

j'ai bien connu Wake Up, j'en ai été le président quelques mois l'an passé. Une bonne et une mauvaise expérience à la fois. Maintenant j'ai tourné la page.
Pour les rendez vous individuel je t'invite à contacter Jacqueline (secrétaire de l'association) sur le mail de l'association :
[les adresses mails sont interdites sur le forum public pour éviter les spams. Rendez-vous sur www.asso-contact.org/33 pour contacter cette association] elle te répondra très rapidement. Sinon tu peux nous contacter sur le téléphone : 05 57 35 71 77. C'est également la secrétaire qui te répondra. Si c'est en dehors des heures d'écoutes, elle est parfois présente, parfois non, tu peux laisser un message, elle te rappellera.

Les rendez-vous se feront surement avec un parent et un enfant selon tes disponibilités et dans le lieu que tu souhaites. Si tu ne connais pas de lieux, nous pourrons le faire au planning familiale rue Ste Colombe (en journée comme en soirée).

Pour ce qui est de la réaction de ta mère, penses tu qu'il serait bien d'en parler directement avec ton père pour connaître son avis vis à vis des propos qu'elle ta tenue?
Julien, Animateur socioculturel et en sciences de l'éducation

Laetitia
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Message par Laetitia » 09 mai 2009 11:38

Bonjour,

Ah oui, j'ai entendu parler des difficultés de Wake up de l'an dernier (enfin via le forum)... Pas facile, le monde associatif, j'ai l'impression !

Quant à parler à mon père des propos de ma mère, j'hésite car je ne veux pas le mettre en position difficile et l'obliger à faire tampon entre ma mère et moi. Je vais juste essayer de le rassurer en lui disant que ce n'est pas parce que je suis homo que j'ai détruit sa cellule familiale. Mais bon, ça va être dur, dans la mesure où pour l'instant, il n'envisage même pas que des lesbiennes puissent avoir des enfants.

Sinon, pour le RDV individuel, tu dis qu'il faut un parent et un enfant. Je n'avais pas compris ça, et malheureusement mes parents refusent catégoriquement d'entendre parler de Contact. Peut-être que cela changera avec le temps. Dans ce cas, je prendrai contact (c'est le cas de le dire ;) ) avec vous. Merci en tout cas pour les coordonnées !

Bonne journée !

julien1904
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Message par julien1904 » 10 mai 2009 11:00

Bonjour,

oui le monde associatif est fait de plein de gens différents. difficile de faire avec les etats d'âme de chacun !

Je comprend la position que tu souhaites aborder avec ton père. peut-etre pourrais tu lui laisser la brochure "notre enfant est homosexuel" que l'association édite. (elle est disponible sur le site de l'association en téléchargement, ou on peut te l'envoyer par courrier discret).

Concernant les entretiens individuels, il y a incompréhension entre nous, c'est de notre côté que nous sommes un parents et un enfant. toi tu peux venir seule ou accompagné de quelqu'un c'est toi qui vois. Nous ne faisons jamais les entretiens avec un seul bénévole c'est pour cela que l'on viens à deux ou trois.

n'hésites pas.
bises
Julien
Julien, Animateur socioculturel et en sciences de l'éducation

bikounet38

Message par bikounet38 » 10 mai 2009 20:17

Laetitia a écrit :Quant à savoir comment j'ai réagi, et bien sur le moment, j'ai acquiescé et pleuré un peu (elle m'a dit des choses très dures). Ses propos m'ont fait très mal. Et au bout d'un moment, j'étais tellement attérée par tant d'incompréhension et de violence, que je l'ai laissée parler. Je suis rentrée chez moi, adulte et grandie, me disant que j'assumais pleinement ma vie de toute manière et que j'étais très épanouie. Je leur laisse du temps car c'est très frais pour eux. Si cela ne s'améliore pas d'ici quelques années... je ne les verrai plus. Je compte construire ma vie avec la personne avec qui je sors, et notamment avoir des enfants. Et cela doit se faire dans la sérénité. En tout cas, les propos de ma mère ne me font pas culpabiliser une seconde de ce que je suis...
Vous pouvez verbaliser vos souffrances ici, voir même à vos parents : leur faire comprendre que ce qu'ils vous disent vous touche.

Mirica
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Message par Mirica » 13 mai 2009 10:10

Bonjour Laetitia et bienvenue ici

Je suis une mère. Si vous avez envie de me poser des questions n'hésitez pas ...

Il doit etre effectivement très difficile d'entendre ce que votre mère vous a dit ...
l'essentiel est que déjà que pour eux, enfin surtout pour votre père si j'ai bien tout saisi, votre bonheur compte avant tout ... ils n'ont peut être pas conscience encore que votre bonheur pour vous est d'aimer une femme. Eux le voient surement différemment ... il leur faut surement plus de temps.

Au début, je pensais aussi que mon fils serait malheureux parce qu'il était homo ... et que pour moi son bonheur passait obligatoirement par le fait d'aimer une femme, d'avoir des enfants ...

Tout ce que je peux ajouter à ce qui a été dit ici ... c'est que même une semaine après, ca peut être des propos réfléchis mais pas définitifs.

J'ai l'impression qu'ils essaient de vous dissuader parce que eux sont persuadés pour l'instant que vous ne serez pas heureuse ainsi.

Personnellement, j'ai souvent entendu dire, et il a été le cas pour moi ... il m'a fallu beaucoup plus de temps pour accepter, comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un choix, et aussi déculpabiliser ...

Bon courage
Christine, Écoutante Bénévole Contact Paris IDF

Laetitia
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Message par Laetitia » 13 mai 2009 14:00

Bonjour Mirica,

Merci pour votre réponse car c'est effectivement avec des parents que j'ai besoin de discuter, pour savoir ce qui se passe dans la tête des miens...

Je comprends parfaitement qu'il faille du temps aux parents pour se faire à l'homosexualité d'un de leurs enfants. Ce que je retiens de vos propos, c'est que vous étiez avant tout inquiète du bonheur de votre enfant, face à l'intolérance des gens. C'est ce que m'apprennent également tous les témoignages de parents que j'ai pu lire sur le forum.

Or, ce qui m'attriste dans ma situation, c'est que mes parents ne sont pas focalisés sur mon bonheur (ma mère m'a dit que mon bonheur était bien égoiste, car à cause de lui, je fais souffrir tout le monde autour de moi), mais sur leur "immense souffrance" je cite :) ). Ils ne culpabilisent pas d'après ce que je sais, mais ils agissent au contraire comme si j'avais délibérément fait un choix de vie en vue de les contrarier. Et donc, ils me chargent de réparer mes dégâts, en m'obligeant à ne penser qu'à eux. Ma mère m'a dit qu'elle ne voulait pas discuter la question de mon homosexualité car elle s'en fichait mais qu'elle m'avait convoquée pour me parler d'eux et de leur souffrance.

Mais ce faisant, elle dissocie les 2 alors que l'un est la cause de l'autre ! Comment parler de leur souffrance et tenter de l'alléger si ils refusent de se confronter et d'admettre mon homosexualité ? Ils veulent que je fasse comme si de rien n'était, et que je laisse ma vie privée à l'écart quand je vais chez eux.

J'ai bien tenté d'expliquer à ma mère que se voiler la face ne rime à rien, et que, à terme, s'ils ne m'acceptent pas comme je suis, nos relations ne pourront jamais être normales et saines. Mais elle refuse d'en entendre parler, et de se confronter à la réalité...

J'espère, comme vous le dites, que cette réaction n'est pas définitive... Merci en tout cas d'avoir pris le temps de m'écrire ces quelques lignes, et bon courage à vous.

Mirica
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Message par Mirica » 13 mai 2009 15:10

Re bonjour,
Or, ce qui m'attriste dans ma situation, c'est que mes parents ne sont pas focalisés sur mon bonheur (ma mère m'a dit que mon bonheur était bien égoiste, car à cause de lui, je fais souffrir tout le monde autour de moi), mais sur leur "immense souffrance" je cite ). Ils ne culpabilisent pas d'après ce que je sais, mais ils agissent au contraire comme si j'avais délibérément fait un choix de vie en vue de les contrarier. Et donc, ils me chargent de réparer mes dégâts, en m'obligeant à ne penser qu'à eux. Ma mère m'a dit qu'elle ne voulait pas discuter la question de mon homosexualité car elle s'en fichait mais qu'elle m'avait convoquée pour me parler d'eux et de leur souffrance.
Efffectivement, on ne culpabilise pas forcément au début ... car ce qui s'est passé dans ma petite tête, c'est que je n'avais aucune raison de culpabiliser puisque je pensais que c'était un choix

C'est ensuite, lorsque j'ai compris que cela en n'était pas un ... que je me suis posée des questions sur moi, notre façon de l'éduquer etc ...et que là, j'ai culpabilisé.

Pour te dire, au début, j'ai meme dit à mon fils qu'il allait être la honte de la famille ... qu'il allait être rejeté ... car pour moi, une seule chose comptait, c'était qu'il change son choix ... alors TOUT était bon pour le faire changer... j'ai dit des sottises grosses comme moi ;)

Bref ! je pense sincèrement que ta mère est persuadée qu'elle fait et dit cela pour ton bonheur ... elle a peut être peur, elle doute que tu sois heureuse ainsi ... car peut être qu'elle n'a pas de bonnes images de l'homosexualité ...
et pourtant ton père t'a bien dit que ce qui comptait c'est que tu sois heureuse ? non ?

Sinon, lui as tu parlé de ton cheminement ?
Personnellement, c'est mon fils qui m'a fait comprendre que ce n'était pas un choix, il m'a parlé de ses difficultés à s'accepter même s'il n'en a pas eu énormément ... lui as tu parlé de tes souffrances à toi ?
car elle n'en a peut être pas conscience ...

Mais elle refuse d'en entendre parler, et de se confronter à la réalité...
Oui ... c'est peut être cela, elle n'arrive pas à voir ... il lui faut peut être un peu de temps ... je sais que ce n'est pas évident pour vous ... mais au début, on doit déjà gérer toutes les émotions que nous avons ... alors c'est vrai qu'avec le temps ... ca évoluera différemment.

Bon courage et n'hésite pas à me contacter si besoin
Christine, Écoutante Bénévole Contact Paris IDF

bikounet38

Message par bikounet38 » 13 mai 2009 18:10

Bonsoir Laetitia.

Peut être que vous pourriez en parler directement avec votre père : j'entends qu'il vous a dit que votre bonheur était primordial pour lui.
Je pense qu'il pourrait donc être un allié pour vous, pour vous soutenir, quand votre mère vous dit des choses dures, et peut être l'amener à réfléchir sur ce qu'elle dit.

Peut être qu'un autre membre de votre famille peut prendre ce rôle là : frères et soeurs, oncles ou tante, etc...

En tout cas, n'hésitez pas à venir en parler ici, ou auprès d'une association Contact : car je comprends que ces paroles soient dures à entendre pour vous.

Laetitia
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Message par Laetitia » 13 mai 2009 18:43

Mirica, pour vous répondre, mes parents sont parfaitement conscients de tout mon cheminement d'acceptation de mon homosexualité, car j'ai fait mon CO par lettre, lettre dans laquelle je revenais sur tout ça. Donc ils savent que ça date d'il y a longtemps. Mais je ne pense pas qu'ils soient prêts à entendre ces choses-là pour le moment.

Mais comme je vous le disais, mes parents, pour le moment, n'admettent pas que je souffre. Ils me reprochent même d'être heureuse. Quand j'essaye de dire à ma mère que c'est dur pour moi de les voir malheureux, elle me rétorque que j'ai pourtant l'air parfaitement heureuse. D'ailleurs, ils m'en veulent de ça : je vais chez eux le week-end du 1er juin, et ma mère m'a demandé de ne pas me comporter comme quelqu'un d'heureux (ils le vivent comme un affront) : elle m'a demandé d'essayer d'avoir l'air triste et de pleurer un peu avec mon père si possible, histoire de lui montrer que je compatis à leur douleur !!! Je nage dans la 4e dimension, je vous assure !!

Bref, dès que je parle de mon bonheur, ils me répliquent que je ne suis qu'une égoiste. Du coup, c'est sur pour moi car ils évincent le seul argument qui pourraient les convaincre à accepter : à savoir mon bonheur, qu'ils jugent si "déplacé" étant donné les circonstances...

D'autre part, pourraisèje vous poser une question ? Comment cela se passe t-il avec les autres membres de votre famille ? (notamment la génération au-dessus de vous) Sont-ils au courant de l'homosexualité de votre fils ?

Bikounet, il est prévu dans le "plan" de mes parents que lors du week-end familial du 1er juin, ma mère nous laisse discuter mon père et moi. Je verrai à ce moment-là où ils en sont. Car, bien que mon père ait dit que mon bonheur passait avant tout, il est d'accord avec ma mère sur le volet règles de vie qu'ils m'imposent. Et ma mère m'a d'ailleurs dit que mon père s'était fait violence pour dire ça car il n'en pensait pas un mot... Il va donc falloir que je démêle les fils de l'écheveau, pour discerner le mensonge de la vérité dans tout ça !

Au sujet d'une éventuelle aide d'autres membres de ma famille, mon unique petit frère est actuellement en road-trip pendant un an en Australie !! (pas de chance...) Lui accepte parfaitement mon homosexualité (ça lui a fait bizarre au début mais il s'y est fait, je pense), mais a un peu peur d'être mêlé à tout ça, je crois ! Enfin en tout cas, il n'est pas là pour le moment et ne rentre qu'en janvier prochain.

Voili voilou ! Bonsoir !

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